Babil, caquetage, gazouillis et pépiement : le chant d'oiseau à l'opéra

par Max Yvetot 15 Janvier 2014, 10:00 Scènes

Babil, caquetage, gazouillis et pépiement : le chant d'oiseau à l'opéra

Grande tradition que celle de la retranscription musicale du chant d’oiseau. Mais selon les compositeurs, le chant d’oiseau se charge de sons et de sens différents. Immanquablement associé à l’expression de la nature, interprété tour à tour par des instruments à vent ou par des voix, aigües sinon féminines, le chant d’oiseau, du gazouillis au pépiement, est un casse-pipe dont la réussite relève souvent d’un tour de force. Je vous propose de découvrir, au coeur de l’hiver, une ode printanière au chant d’oiseau, à travers l’opéra.

Babil, caquetage, gazouillis et pépiement : le chant d'oiseau à l'opéra

Le plus connu des drôles d'oiseaux est certainement Papageno, le chasseur d'oiseaux dans la Flûte enchantée. Il entonne au pipeau des airs d'oiseaux et se déguise en palmipède. Son joli air reflète la personnalité sympathique, simple et légère du personnage, chasseur inoffensif.

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Plus fier et courageux, Siegfried aussi s’essaie au chant d’oiseau ; d’abord avec une flûte improvisée, puis avec son cor de chasse, ce qui réveille Fafner le dragon et provoque leur combat. C’est en buvant une goutte du sang du dragon mort que Siegfried se met à comprendre le langage des animaux ; l’oiseau va ainsi le mettre en garde contre son père adoptif, le forgeron Mime, et le guider jusqu’au rocher où sommeille Brünnhilde… Alternant entre instrument à vent et voix féminine, le chant d’oiseau incarne ici la pureté naturelle, détachée du langage humain trop souvent corrompu par des intentions néfastes.

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Ce chant est inimitable dans Le Rossignol de Stravinsky, saynète sinisante dans laquelle un rossignol, invité à chanter devant l’empereur de Chine, est finalement remplacé par un oiseau mécanique. Vexé, l’oiseau s’enfuit ; outré, l’empereur le bannit. Néanmoins, au moment de la mort de l’empereur, celui-ci appelle ses musiciens, et voilà l’oiseau qui revient ! Et la mort, entendant le puissant, magique et magnifique chant de l’oiseau, rend la couronne à l’empereur.

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Mais les cantates volatiles peuvent également susciter le désir amoureux, et la fougue de la brûlante passion. L'Oiseau de feu (à partir de 03:00 exactement pour l’oiseau !), légende russe mise en musique par Stravinsky, conte une histoire d’amour entre un chasseur et un oiseau de feu, qui lui permettra de vaincre les ténèbres…

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Les mélopées animales peuvent aussi être foisonnantes, énigmatiques et envoûtantes - et faire l'objet de "passions" différentes. Messiaen était fasciné par le chant des oiseaux. Il se disait ornithologue, et se levait à potron-minet avec un micro et un crayon pour retranscrire leur musique. Son opéra Saint-François d'Assise retrace le cheminement spirituel de Saint François, au cours duquel il bénit les oiseaux.

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