Game of Thrones : de la chambre d'ado aux projecteurs

par Thibaut Brulard 7 Avril 2014, 09:35 Ciné

Game of Thrones : de la chambre d'ado aux projecteurs

A l'occasion du lancement de la saison 4 de Game of Thrones, une avant-première était organisée au Grand Rex mercredi 2 avril, soit quatre jours avant sa diffusion sur HBO. Si True Detective emprunte les codes du cinéma, GOT semble lui voler son star-system. Est-il déjà arrivé qu'une série se retrouve sur un écran géant avant même sa sortie officielle?

La série est l'adaptation d'une saga d'heroic fantasy - vous savez, ce sous-genre littéraire réservé aux geeks, aux préadolescents et aux fans de Donjons et Dragons (dixit deux chroniqueurs du New York Times) - écrite par George R.R Martin. Le premier livre est sorti en 1996 aux Etats-Unis et en 1998 en France.

Dix-huit ans et quinze volumes plus tard, des enfants se retrouvent avec les prénoms des personnages... Tywin au tableau ! Daenerys fait des selfies sur Instagram. Depuis que la saga a été adaptée par HBO (avec la participation active de l’auteur) l’œuvre de George R.R Martin est devenue un phénomène grand public. Dans un article de The American Prospect, un journaliste fait le rapprochement entre l'intrigue de la saga et le contexte politique des années Obama, en le mettant en parallèle avec le Seigneur des anneaux, classé 11ème des meilleurs « films conservateurs » ! Les politiciens n’hésitent pas à surfer sur la vague. Le ministre des affaires étrangères néerlandais Frans Timmermans a fait des références à GOT lors d'un discours à Londres. Et Julia Gaillard, l'ex-première ministre australienne, tweete en dothraki : WTF! Nous on a Marine qui est complètement parano depuis Homeland… Le jeu politique est en effet un des points forts de la série, mais un jeu de pouvoir sanglant, qui n’a rien à envier à House of Cards. Comme dira Cersei à Eddard Stark : "Quand on joue au jeu des trônes, soit on gagne, soit on meurt » !

Autre preuve du bling bling : l’influence de la mode. La costumière de la série, qui donne des interviews à Vanity Fair (à quand celle de Biba ?), assume totalement ses références à Alexander Mc Queen ou Valentino. Margaery Tyrell est carrément comparée à Kate Middleton ! Hélas, ils n'ont pas consulté Philippe Starck pour le design du trône. Un oubli incompréhensible, c'est quand même la petite petite petite fillote, d'une cousine par alliance de Ned !

Moi, à dix-sept ans, si j'avais eu le malheur de parler de la « mère des dragons » ou des White Walkers avec les copains, j'en prenais pour mon grade et pour longtemps. Aujourd'hui c'est la série la plus regardée et la plus téléchargée. Mais a-t-elle pour autant convertit les douze millions de téléspectateurs à lire les romans ? Je ne pense pas. Le grand public reste encore très frileux à l'idée de lire de la littérature fantastique. Et, non, Harry Potter ne compte pas... Si quinze millions de livres ont été vendus dans le monde par George R.R Martin, il semble qu’il existe encore un fossé entre les lecteurs du genre et les téléspectateurs assidus. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que même si l'intrigue de la série est plutôt fidèle à l’original, elle est bien plus sophistiquée dans le livre. Sans réels protagonistes (ne vous attachez pas trop à quelqu'un !), le roman aborde des questions de religions et de généalogies plus complexes. L’originalité de la structure, où chaque chapitre donne la parole à un personnage différent, permet de se prendre d'affection pour les personnages les plus détestables.

En revanche, la relation à la magie peut expliquer le succès auprès des non-initiés à la fantasy. Les habitants de Westeros sont comme eux, ils ne croient pas à la magie. Ils refusent de croire au retour des dragons ou aux White Walkers considérés comme des contes de bonnes femmes.

Mais un des problèmes fondamentaux qui inquiète les fans de la première heure dont, vous l’aurez compris, je fais partie, est celui de la mort de l’auteur. A force de prendre du temps pour adapter son roman à la télévision, la crainte augmente que notre ami George meurt avant d’avoir écrit la fin de la saga ! Déjà qu’il a mis une demi-décennie entre les deux derniers volumes, et comme il lui en reste encore deux autres à écrire, on n’est pas rendus! Donc pour les impatients je vous raconte la fin : « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants» !

Non c'est une blague... (mais méfiez vous je suis susceptible !)

Alors n’hésitez plus, assumez et lancez vous, lisez La Roue du Temps de Robert Jordan ou Les Neuf Princes d 'Amre de Roger Zelazny, ce sera toujours mieux qu'un Marc Lévy !

Et j'allais presque oublier la mixtape « Catch the throne »... no comment

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