Une soirée dans les galeries : l'expérience Jeudis Arty

par Solène Clappe-Corfa 17 Octobre 2014, 14:22 Galeries

 ©Lesjeudisarty

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Jeudi dernier, j’ai découvert les Jeudis Arty grâce à Marcel & Simone qui m’a fait gagner l’un des 300 « Arty bag » de la 2nd édition de cette nocturne d’art contemporain qui invite les initiés et non-initiés à pousser les portes de 40 galeries du Marais.

Munie de mon « Arty bag », le tote bag sésame designé aux couleurs de l’event, qui recèle goodies, échantillons et offres partenaires (bars, restaurants & commerces du 3e), je rejoins à 21h pétantes la rue Notre-Dame de Nazareth et le petit groupe d’heureux élus avec qui je vais partager une « balade Arty ».

Pendant une heure, nous allons sillonner la rue, emmenés par notre guide pleine d’énergie qui nous fera découvrir 3 galeries et le travail du ou des artistes qu’elles représentent. Dès la 1ère galerie, galerie Rivière, notre experte en art contemporain mise sur l’interaction avec son petit auditoire et nous interpelle : Que voyons-nous ? Que ressentons-nous ? Quel(s) élément(s), quelle(s) couleur(s), quelle(s) technique(s) peuvent nous donner cette impression ? L’exposition collective « (Re)Shaping Ladscapes » qui présente les travaux photographiques de 11 artistes qui donnent à voir, créent ou recréent un paysage très personnel avec des techniques très différentes (de la photographie à la chambre au collage) s’y prête bien.

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La seconde galerie, galerie Michèle Didier, présente le travail entrepris dès 1978 par l’artiste américain Allen Ruppersberg qui a compilé, dans une publication sous forme de classeur, les affiches qu’il a produites à la Colby Poster Compagny jusqu’à sa fermeture en 2013. Par effet de miroir, les images des posters de la Compagny que l’artiste a lui-même collectionnées sont également présentées. Malgré une œuvre plus difficile d’accès les gens – plutôt quadra dans mon groupe – décomplexés se prêtent facilement au jeu, posent des questions et manipulent à l’envi les vinyles que l’artiste, qui a recomposé un magasin de disques dans la seconde partie de l’exposition, a exposés.

Rencontre mémorable avec l’artiste Alberto Sorbelli à la Galerie Vincenz Sala, 3ème galerie de l’itinéraire, qui « se raconte » en toute intimité, évoquant son passé de danseur classique, l’influence que cette apprentissage a eu sur son art et sur son processus créatif. Et la magie opère : nous découvrons ses dessins de fleurs multicolores, fleurs-animal, fleurs sexuées emprunts de cet échange privilégié avec lui et éclairés par son réquisitoire contre la technique. L’artiste, a passé sa vie à apprendre à désapprendre, « à savoir dessiner comme un enfant ».

Rendez-vous réussi, malgré quelques couacs dans l’organisation, des rencontres avec artistes & galeristes que l’on aimerait plus nombreuses et un entre-soi encore trop criant (la faute au quartier ?)

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