La nuit au musée de Robert Doisneau

par Anna Lumbroso 26 Novembre 2015, 12:05 Expos

Un gorille dans l'ascenseur, 1990 © Atelier Robert Doisneau

Un gorille dans l'ascenseur, 1990 © Atelier Robert Doisneau

Attention, Robert Doisneau n’a rien à envier à Ben Stiller, gardien du Muséum d’histoire naturelle de New York dans la comédie Une nuit au musée.

Après ce film hilarant, c’est au tour du Muséum d’histoire naturelle de Paris de prendre vie grâce au maître de la photographie parisienne.

Le professeur Paul Bunker contemplant des bébés requins, 1943 © Atelier Robert Doisneau

Le professeur Paul Bunker contemplant des bébés requins, 1943 © Atelier Robert Doisneau

La chasse aux chercheurs.

On connaît tous Robert Doisneau pour ces photographies du Paris d’après-guerre, d’un âge joyeux, de marmots espiègles et d’amoureux impudiques. Durant l’Occupation, il a pourtant été le photographe de reportages bien sérieux. En 1942, l’éditeur et typographe Maximilien Vox (frère de Théodore Monod, explorateur et professeur au Muséum) lui commande une série de portraits de scientifiques. Robert Doisneau, âgé de 30 ans va explorer, pendant plusieurs mois, les archives et les laboratoires de ce temple de la science. Il appelle ce reportage sa « chasse aux chercheurs ». Il voulait immortaliser la recherche en train de se faire.

Ce projet est avorté et les clichés finissent dans les fonds documentaire du Muséum. Les commissaires de l’exposition ont retrouvé dans l’atelier de Doisneau en 2015 une boîte de négatifs intitulée « Visages de la Science », témoins de cette commande. La plupart de ses images sont exposées pour la première fois au public. En 1990, quatre ans avant sa mort, il retourne au Muséum pour réaliser une série de nouveaux clichés, intitulée « La science de Doisneau ».

La surprenante découverte d'une momie péruvienne, 1943 © Atelier Robert Doisneau

La surprenante découverte d'une momie péruvienne, 1943 © Atelier Robert Doisneau

Des portraits décalés

Armé de son Rolleifleix, Doisneau déambule dans les couloirs du Muséum, peuplés d’animaux naturalisés, d’insectes épinglés, de roches et de pierres précieuses. Loin des illustrations ennuyeuses des manuels scolaires, ces clichés racontent une histoire.

Il capte les instants cachés, rares, chargés d’humour et d’émotion. Une jeune chercheuse porte dans ses bras une momie péruvienne, comme on porte un enfant. Le portrait du professeur Paul Budker en basse lumière met en avant l’intensité du regard qu’il porte aux ravissants bébés requins enfermés dans un bocal de formol. Aux côtés des scientifiques, des scènes plus incongrues avec des ouvriers: l’un d’eux répare l’os d’un mammouth, un autre transporte un jaguar dans une brouette. Doisneau nous plonge au cœur de la vie du Muséum, met en lumière la science, si importante à ses yeux même en temps de guerre.

Le billet inclut la visite de la Grande Galerie de l’évolution, joyau immanquable du Muséum !

Muséum d'histoire naturelle de Paris

Grande Galerie de l’évolution

36 Rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris

Tous les jours sauf le mardi de 10 h à 18 h

Billet d'entrée de la Grande Galerie de l'Évolution

Tarif : 9 € / Réduit : 7 euros / Gratuit: moins de 4 ans et demandeurs d'emploi.

La nuit au musée de Robert Doisneau

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