Des icebergs au Panthéon

par Anna Lumbroso 4 Décembre 2015, 09:00 Galeries Gratuit

Des icebergs au Panthéon

Une Cop 21 arty

À l’heure de la Cop 21, les performances et les installations artistiques se multiplient. Olafur Eliasson, artiste danois a installé ce jeudi 3 décembre, une Ice watch, une montre de glace sur le parvis du Panthéon, à Paris. L’installation monumentale tend à sensibiliser le public sur la fonte des glaces et le réchauffement climatique. Le projet fait partie de l’initiative Artists4ParisClimate qui regroupent autour de ce thème les interventions artistiques dans l’espace public. Le 9 Décembre, une vente des œuvres de ces mêmes artistes sera organisée par Christie’s pour financer des projets sélectionnés par l’ONU pour lutter contre le réchauffement climatique. L’œuvre d’Olafur Eliasson n'y figurera pas puisque éphémère. Le spectateur est témoin de sa fonte.

Des icebergs au Panthéon

Du Groenland au Panthéon

Avec l’aide du géologue Minik Rosing, Olafur Eliasson a « pêché » douze morceaux d’iceberg à la dérive près du fjord de Nuuk. Ils se sont naturellement décrochés de la banquise avec la montée des températures. L’artiste danois avait déjà réalisé une installation semblable devant l’hôtel de ville de Copenhague, l’année dernière. L'état d’urgence décrété à Paris, la mise en place du projet d'Eliasson a été reportée et déplacée. Initialement, il avait prévu d’installer son œuvre sur la place de la République.

Des icebergs au Panthéon

La poésie du glaçon

Le public, témoin de la fonte peut se promener entre les blocs de glace. Leur masse s’impose brute et glaciale au centre du Paris historique.

«Ce qui est beau, confie l’artiste, c'est de pouvoir ainsi toucher la glace. Ses aspérités ont été lissées par leur séjour dans la mer qui les a peu à peu érodées. Elle a une couleur extraordinaire qui fait rayonner la lumière de façon particulière et changeante. C'est à la fois d'une incroyable beauté et d'une incroyable poésie. Elle a aussi un son, que l'on ne peut pas entendre, ce soir, à cause des engins à moteur. C'est toute une série de craquements profonds, une musique quasi surnaturelle.»

Œuvre éphémère, elle devrait durer cinq jours, le temps de la Cop 21, s’il ne pleut pas bien sûr. Eliasson souhaite que les visiteurs soient témoins de ce phénomène de fonte. Il en fait une expérience collective. On observe, en silence, cette glace, vieille d’une centaine de milliers d’années disparaître.

Des icebergs au Panthéon

Un artiste engagé

Ce n’est pas la première fois que l’artiste aborde ces thèmes environnementaux. Ses œuvres, souvent monumentales créent une atmosphère de recueillement. En 2003, il avait conçu, à l’intérieur de la Tate Modern, à Londres, un immense soleil, The Weather project, qui enveloppait les visiteurs d’une brume épaisse et mystérieuse. Ces derniers, dans une contemplation silencieuse, ressemblaient aux fidèles d’un culte solaire.

Des icebergs au Panthéon

Olafur Eliasson fut le premier artiste exposé de la Fondation Louis Vuitton qui a ouvert ses portes l’année dernière. Lors du vernissage de son exposition Contact, il a présenté au public Little Sun. Cette lampe solaire en forme de fleur est destinée aux pays en manque d’énergie. Pour la Cop 21, il ressort ce projet et le met en avant au Grand Palais. Si louable soit-il, on préfère ces installations grandioses et poétiques à ce petit gadget en plastique…

Des icebergs au Panthéon

Ice Watch, une oeuvre d'Olafur Eliasson et de Minik Rosing

Mise en place à l'occasion de la COP 21, conférence des Nations Unies sur le changement climatique.

Ice Watch a été inaugurée le 3 Décembre 2015, sur la place du Panthéon, à Paris.

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